RISQUES DE POLLUTION
Dans un contexte de changement climatique où la définition de refuges urbains de fraîcheur et de chaleur devient prioritaire, la ressource en eau peut avoir un rôle central dans la définition de ces espaces, mais il faut tenir compte de sa qualité."
Diagnostic
Approche systémique de la pollution
Dans le contexte du changement climatique qui accentue les extrêmes thermiques, il s'agit de répondre à une double attente: offrir davantage d'espaces de fraîcheur en été mais aussi d'espaces de chaleur en hiver. Dans ce sens, nous avons analysé la pollution de différents points d'eau de la ville, des points d'eau froide (bassins, fontaines, berges) et des points d'eau chaude (spas), afin d'identifier des espaces à haut potentiel de refuges urbains en s'appuyant sur les usages que permet la ressource en eau selon sa qualité.Â
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Pour déterminer la qualité de l'eau, nous avons d'abord recueilli des données sur les pollutions chimiques, bactériologiques et thermiques. Dans la mesure où le potentiel de fraîcheur ou de chaleur d'un espace avec un point d'eau ne se mesure pas seulement par la qualité de l'eau et les usages qu'elle permet, mais aussi par la qualité de l'environnement qui entoure le point d'eau, nous avons mesuré le ressenti physique, grâce à la récolte de données sur le volume sonore et les îlots de chaleur urbains. Puis, nous avons complété cette analyse de la qualité de l'environnement par une approche sensible en recueillant les perceptions habitantes des espaces étudiés.Â
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Cette approche multicritères de la pollution nous a permis d'identifier des espaces à plus ou moins haut potentiel pour devenir des refuges urbains.
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Origine de la pollution chimique
Concernant la qualité chimique des eaux à Grenoble, rappelons que sous l'agglomération grenobloise, il y a deux nappes phréatiques. Or, la nappe du Drac en rive droite et de la Romanche, en aval des plateformes industrielles de Jarrie et Pont de Claix est fortement polluée depuis des décennies par ces plateformes industrielles, notamment par l'usine Arkema, qui rejette des hydrocarbures et des pesticides.
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Dès lors, ceci contraint son utilisation et certains usages sont proscrits tel que l'arrosage. A l'inverse, la nappe du Drac en rive gauche et du secteur de Rochefort, constitue l'une des deux principales ressources en eau potable pour la métropole de Grenoble. Des risques de contamination existent tout de même entre les deux nappes car elles sont en relation avec plusieurs cours d'eau. Certaines portions de ces cours d'eau alimentent les nappes, tandis que d'autres les drainent.Â
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Plusieurs systèmes de protections existent. Une barrière hydraulique entre les deux nappes empêche la propagation des substances indésirables provenant de la rive droite du Drac. Un barrage appartenant à EDF complète ce dispositif en régulant le niveau hydrologique et en limitant la diffusion des eaux polluées collectées par le canal. Enfin, il y a la présence des forages sur la plateforme chimique de Jarrie, destinés à pomper et confiner les eaux contaminées.Â
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Enfin, même si nous sommes victimes de cette pollution chimique de l'eau, il est intéressant de remarquer que la ville de Grenoble parvient à valoriser une partie de la chaleur produite par la plateforme, en la réinjectant dans le réseau de chaleur urbain, notamment via le site de récupération de chaleur de la plateforme chimique à Pont De Claix. En revanche, à ce jour, elle ne parvient pas à réutiliser les rejets d'eau chaude polluée des plateformes dans la rive droite. Cette eau n'a pas une température assez élevée pour la réinjecter dans le réseau de chaleur.Â
Analyse multicritère de la pollution
Nous avons étudié la qualité de l'eau et de l'environnement de 12 points d'eau fraîche et d'eau chaude (de 1 à 12 sur la carte) en vue de déterminer leur potentiel de refuge urbain. Pour l'étude de la qualité de l'eau, nous nous sommes appuyées sur trois agents polluants chimique, bactériologique, thermique. Une partie de nos sites sont alimentés par la nappe polluée chimiquement donc présentent une pollution chimique, à la différence de quelques bassins et fontaines ainsi que l'eau des spas, qui est de l'eau potable, en provenance de la nappe phréatique qui alimente le réseau d'eau potable de la ville.Â
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Concernant la pollution bactériologique, les sites le long de l'Isère et du Drac présentent un risque de pollution microbiologique (E. Coli, entérocoques), accentué en période de fortes précipitations car elles peuvent être à l'origine du débordement du réseau d'assainissement et venir contaminer les cours d'eau. Les sites pour lesquels il y a des bassins d'eau stagnante comme le Lac Jean Verlhac sont eux sujets aux risques de cyanobactéries. Enfin, l'eau qui circule à haute température dans le réseau de chaleur urbain peut être considérée comme une pollution thermique de l'eau (si l'eau est rejetée dans la nature, elle aura un impact négatif sur la biodiversité et quand elle circule elle peut aussi endommager l'infrastructure). A l'heure actuelle, le réseau alimente des bâtiments et des équipements publics mais aucun de nos sites n'y est raccordé.Â
Pour l'étude de la qualité environnementale, nous avons étudié les perceptions individuelles des sites ainsi que le ressenti physique à travers la température et l'intensité sonore.Â
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Certains sites sont regroupés dans des zones particulièrement exposées à la surchauffe urbaine, notamment ceux du centre historique. D'autres sites se trouvent dans des zones plus fraiches comme le bassin Place Nelson Mandela à la Presqu'île voire dans des îlots de fraicheur comme le bassin aux Escargots dans le parc Paul Mistral ce qui améliore le ressenti physique. Enfin, les sites à la frontière de l'Isère et du Drac présentent également un potentiel de fraîcheur important.
(Pour les résultats du diagnostic concernant le recueil de la parole habitante, ils sont consultables dans la section associée).Â
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Typologie d’usages
A partir des données identifiées sur les pollutions chimiques et bactériologiques de l'eau, nous avons identifié 3 usages possibles de l'eau : boire pour s'hydrater, se tremper pour se rafraîchir et enfin, se réchauffer. Concernant le premier usage, il s'agit de sites où l'eau provient de la nappe qui n'est pas polluée chimiquement et donc qui est potable. Par exemple, c'est le cas des vasques de la rue Montorge ou la fontaine de la place Victor Hugo. Mais c'est un usage d'hydratation théorique car tous les sites ne sont pas toujours adaptés à cet usage, bien que l'eau soit potable.Â
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L'usage "se tremper pour se rafraîchir" concerne des sites où bien que l'eau ne soit pas potable, car ce sont soit des bassins alimentés par la nappe phréatique polluée chimiquement de la rive droite du Drac ou des portions de l'Isère ou du Drac également concernées par les rejets chimiques des industries, il est quand même possible de se tremper car la pollution chimique n'est pas dangereuse quand on s'immerge.
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En revanche, ces sites peuvent être soumis aux pollutions bactériologiques qui elle est dangereuse pour la santé en cas de contact avec l'eau. Donc l'usage de tremper son corps dans l'eau est possible sans risque sous réserve de l'absence de cette pollution. Le dernier usage de l'eau concerne des sites, qui contrairement au deuxième usage, apportent de la chaleur. Ce sont des spas donc des sites en intérieur et davantage utilisés en période hivernale pour se réchauffer.
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Pour contrer la pollution bactériologique créée par les usagers, les eaux sont filtrées et traitées avec des produits chimiques. Ils peuvent présenter des risques pour les personnes vulnérables, mais cela ne constitue pas d'obstacle majeur pour utiliser l'eau comme moyen de réchauffement.Â
Enjeux et secteurs
Stratégie possible des différents sitesÂ
Compte tenu de la qualité environnementale des sites et des usages possibles au regard de la qualité de l’eau, nous avons déterminé 4 sites ayant un fort potentiel pour être un refuge de fraîcheur ou de chaleur :Â
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La rue Montorge et ses vasques : l’eau y est potable, la qualité architecturale est indéniable, il y a le jardin de ville juste à côté mais l’espace est peu connuÂ
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Le bassin aux Escargots du parc Paul Mistral : l’eau y est potable et il est au coeur d’un îlot de fraîcheur mais il est lui aussi peu connu
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Le quai Paul Louis Merlin à la presqu’île : l’eau est accessible pour s’y tremper, il y a une vue sur le grand paysage et de la végétation mais le site n’est pas intégré aux circuits de vie du quartier et n’est pas aménagé pour inviter au rafraîchissementÂ
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Le spa d’air et d’eau rue Jean Prévost : l’eau apporte un confort thermique mais l’accès est limité par le prix